Michael HutchinsonL’Affaire du chien empoisonné

Une quatrième enquête pour les Rats Musclés!

Extrait de l’œuvre

Le vrombissement d’une motoneige mit un terme à leur conversation. Pendant que les garçons discutaient, Chickadee était allée emprunter le bolide de leur oncle, qui tirait un traîneau en remorque.

– En avant, les Rats musclés! s’écria-t-elle. On va chercher Atim.

Le Festival de la trappe et sa ribambelle d’activités attiraient des gens de partout. Pour les organisateurs, les bénévoles ainsi que le personnel médical et vétérinaire, la course de traîneaux à chiens des jeunes de Lac-aux-Vents servait en quelque sorte de répétition générale en vue de la grande finale du festival: l’Internationale de Lac-aux-Vents, à laquelle participaient des centaines d’attelages. Elle permettait aux entraîneurs et aux bénévoles de se faire la main pour lancer les équipages, administrer les points de contrôle, soigner les conducteurs et les chiens blessés, puis boucler la course quand le dernier traîneau franchissait la ligne d’arrivée. Évidemment, le parcours des adultes était bien plus long que celui des jeunes, puisqu’il faisait l’aller-retour entre Lac-aux-Vents et Tournant-Brumeux. Néanmoins, la course des jeunes comportait son lot de dangers, de difficultés et de larmes. En remontant la piste, les Rats musclés n’avaient aucune idée de ce qu’ils allaient trouver – et de ce qui avait bien pu arriver à Atim!

Les trois Rats musclés avaient abouti en plein milieu d’une forêt très dense. Ici, la piste se faufilait entre les troncs élancés des conifères. Les branches inférieures des arbres les plus grands avaient disparu pour permettre aux plus petits de bénéficier de la bonne chaleur du soleil. On aurait dit une armée de fins poteaux gris acier qui s’étendait à perte de vue.

– Atim! s’écria soudain Chickadee.

Surpris, Otter et Sam se levèrent d’un bond.

Atim avançait vers eux, les yeux pleins de larmes. Il tenait dans ses bras le chien de tête de Jody, un énorme husky croisé au pelage noir qui s’appelait Muskwa. La tête de l’animal ballottait à chaque pas, sa longue langue pendant hors de sa gueule. Atim tomba à genoux au milieu de la piste et se mit à sangloter. Il coucha délicatement le chien dans la neige.

Chickadee courut vers son cousin, s’accroupit à côté de lui et l’enlaça.

– Qu’est-ce qui s’est passé? demanda-t-elle.

Atim enfouit son visage dans ses mitaines, sa chevelure désordonnée formant un rideau devant lui. Après quelques secondes, il abattit ses paumes sur ses cuisses.

– Je ne sais pas! s’exclama-t-il. Tout allait bien… et d’un seul coup, Muskwa s’est mis à souffler très fort, comme s’il toussait. Puis il a arrondi le dos et a commencé à vomir sans arrêter de courir…

Du bout de sa mitaine, Atim essuya ses larmes.

– Après, reprit-il, il a ralenti, il nous a fait sortir de la piste et puis il y est revenu, comme s’il titubait. Finalement, il s’est arrêté et il est tombé sur le flanc.

Les quatre Rats musclés étaient agenouillés dans la neige autour du chien inerte.

– Il est encore chaud, fit Samuel en posant ses doigts sur la cage thoracique de Muskwa. Je crois qu’il respire encore.

– On dirait qu’il dort, ajouta Otter en caressant l’animal.

Muskwa soupira profondément. Les Rats musclés échangèrent des regards soulagés. Ils pleuraient encore, mais de joie, cette fois.


Livre publié dans la collection «Boréal Inter».
Traduit de l’anglais (Canada) par Catherine Ego.