Hélène QuimperLes Plaines d’Abraham

Une synthèse rigoureuse dans l’écrin d’un beau-livre
sur l’événement qui a scellé le sort de la Nouvelle-France.

Extrait

En plus d’offrir au lecteur une synthèse qui tient compte des recherches historiographiques les plus récentes, Hélène Quimper a sélectionné plus d’une centaine de documents iconographiques et imprimés, dont certains rarement vus du grand public. Cartes, tableaux, affiches et photographies permettent ainsi de revivre cette période d’affrontements et de transition dans toute son ampleur et son intensité.

Le 13 septembre 1759, l’armée britannique, commandée par le major général James Wolfe, et l’armée française, que dirige le marquis de Montcalm, s’affrontent sur les plaines d’Abraham. Au terme du combat, la victoire est britannique. Cinq jours plus tard s’ensuit la reddition de la ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France. Encore aujourd’hui, cette bataille a une résonnance très forte. Le débarquement surprise des troupes britanniques, la courte durée de l’altercation et la mort des généraux Wolfe et Montcalm ont marqué les esprits. Souvent interprétée comme un tournant décisif, elle tend à éclipser les autres épisodes de la campagne d’Amérique. Bien qu’elle se soit échelonnée de 1754 à 1760, celle-ci est fréquemment réduite à cette seule bataille.

Pourtant, l’événement s’insère dans un contexte plus large, celui d’une guerre aux ramifications mondiales: la guerre de Sept Ans. C’est en Amérique, plus précisément dans la vallée de l’Ohio, que le conflit commence officieusement au printemps de 1754. Les troupes coloniales françaises et britanniques s’y affrontent alors pour une question de frontières. Les altercations ont pour effet de faire monter la tension dans les métropoles. La France et la Grande-Bretagne se déclarent finalement la guerre en 1756, entraînant avec elles d’autres royaumes d’Europe et leurs colonies.


Le débarquement surprise des troupes britanniques, la courte durée de l’altercation et la mort des généraux Wolfe et Montcalm ont marqué les esprits.

Extrait du livre


Pour les autorités britanniques, l’objectif est simple: conquérir la Nouvelle-France dans le but d’agrandir leur empire vers l’ouest. Par conséquent, tout est mis en œuvre afin de mobiliser les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires. La situation est différente du point de vue des dirigeants français. Les ressources sont limitées et consacrées en grande partie aux combats en Europe, puisqu’il y a là une menace à l’intégrité du royaume proprement dit. En définitive, pour les premiers, il s’agit d’une guerre d’expansion tournée vers l’Atlantique, alors que pour les seconds, la guerre est défensive et continentale.

N’empêche, les renforts tant français que britanniques convergent vers l’Amérique. Officiers et soldats ont, pour la plupart, l’expérience du champ de bataille. Plusieurs se sont même déjà affrontés en sol européen. Sur place, ils peuvent compter sur des troupes coloniales bien formées et des miliciens prêts à servir. Le théâtre des opérations est différent, mais le jeu des alliances demeure important. Il n’y a pas qu’en Europe qu’il est susceptible d’influencer le déroulement et l’issu du conflit. Possédant une vaste connaissance du territoire et étant habiles à mener des raids et des embuscades, les guerriers autochtones prennent les armes et appuient les forces régulières. Deux armées sont donc déterminées à combattre par mer et par terre pour le sort de la Nouvelle-France.

Cet ouvrage présente d’abord le contexte et les faits qui occasionnent les premiers affrontements en Amérique, ceux-ci entraînant les royaumes d’Europe dans le sillage de la guerre. En fait, les tensions étaient déjà si vives qu’il n’aura fallu que l’étincelle d’un coup de feu pour embraser le tout. Par la suite, les principaux événements se déroulant sur les champs de bataille nord-américains entre 1754 et 1758 sont brièvement abordés, sans évidemment négliger le cours des choses en Europe, les victoires et défaites sur ce théâtre d’opérations influençant grandement celui des colonies.

Il n’en reste pas moins que les années 1759-1760 forment le cœur de ce livre. Le siège de Québec, la bataille des plaines d’Abraham et la reddition de la ville sont les moments forts de la campagne de 1759. L’année suivante, l’armée française profite de l’hiver pour préparer sa revanche, qui se concrétise lors de la bataille de Sainte-Foy du 28 avril. Cette victoire n’empêche toutefois pas les autorités de la Nouvelle-France de capituler à Montréal en septembre 1760.


Le siège de Québec, la bataille des plaines d’Abraham et la reddition de la ville sont les moments forts de la campagne de 1759.

Extrait du livre


Si la guerre commence en Amérique du Nord, c’est en Europe qu’elle se conclut. Les pourparlers menant au traité de Paris de 1763 sont importants. En plus d’assurer la paix, ils confirment la fin de la Nouvelle-France et la cession, entre autres, du Canada. Les anciens sujets français doivent prêter allégeance à la Couronne d’Angleterre. Le traumatisme est grand. Les événements de 1759-1760, qui symbolisent la perte des institutions et du lien avec la France, sont désormais porteurs d’une profonde charge émotive. Leur héritage mémoriel est important, comme l’illustre notamment la création du parc des Champs-de-Bataille à Québec.